Top 100 des apps IA grand public : ce que révèle le classement a16z
Deux fois par an, le fonds Andreessen Horowitz classe les applications d’IA les plus utilisées au monde. La 6e édition, parue en mars 2026, montrait une IA devenue omniprésente. Publiée le 5 octobre 2026, la 7e regarde pour la première fois où les consommateurs dépensent leur argent. Voici les enseignements de ces deux rapports et ce qu’ils signifient pour vous.
Depuis 2023, a16z (Andreessen Horowitz) classe les produits d’IA grand public selon deux mesures. Il retient les visites mensuelles sur le web, relevées par Similarweb, et les utilisateurs actifs mensuels sur mobile, relevés par Sensor Tower. Ce classement mesure ce que les gens utilisent vraiment, au-delà du bruit marketing, et il est devenu une référence du secteur.
La 7e édition : suivre l’argent
Signée comme les précédentes par Olivia Moore, cette nouvelle édition ajoute une troisième liste aux deux classements habituels. Grâce aux données de YipitData, a16z classe désormais les applications selon les dépenses réellement observées sur les cartes bancaires de consommateurs américains. Le rapport exclut aussi les produits principalement destinés aux adultes, qui auraient représenté plus de 20 % de la liste web.
Ce classement montre d’abord une grande stabilité. Les premiers comptes rendus ne relèvent que 11 nouveaux entrants, un record de faible renouvellement. Selon a16z, près de la moitié des consommateurs américains utilisent l’IA, et environ un quart s’en servent chaque jour. Les dépenses restent toutefois très concentrées. Ainsi, les 10 % de clients qui dépensent le plus pèsent environ la moitié des dépenses. Le 1 % le plus actif y consacre en moyenne 903 dollars par mois, contre 25 dollars pour un abonné médian.
ChatGPT en tête, Claude en troisième position
L’assistant d’OpenAI, ChatGPT, reste largement premier. En août 2026, il attirait environ deux fois plus de visites que Gemini sur le web, et six fois plus que Claude. Le rapport note cependant que Claude s’est imposé comme le numéro trois et a dépassé Gemini en nombre d’abonnés grand public aux États-Unis. Ses utilisateurs payants sont aussi les plus engagés : 7,3 % d’entre eux ont choisi l’offre Max, contre environ 1 % chez Google et chez OpenAI. Seuls 13 % des clients paient pour un deuxième produit d’IA, et 8 % des abonnés de ChatGPT paient aussi Claude.
Les applications qui font payer
Sept produits figurent dans les trois listes : ChatGPT, Claude, Suno, Perplexity, Photoroom, Canva et Notion. Suno se classe 19e sur le web mais 7e en dépenses. ElevenLabs passe de la 25e place web à la 10e en dépenses. Surtout, 29 des 50 éditeurs qui encaissent le plus n’apparaissent dans aucun classement de trafic. L’audience et le chiffre d’affaires ne racontent donc pas la même histoire.
Lors de sa conférence DevDay du 29 septembre 2026, OpenAI a annoncé 1,2 milliard d’utilisateurs hebdomadaires pour ChatGPT. En août, Google a revendiqué plus d’un milliard d’utilisateurs mensuels pour l’application Gemini. Anthropic ne publie pas de nombre d’utilisateurs pour Claude. L’entreprise indiquait en mars que ses abonnements payants avaient plus que doublé depuis le début de l’année.
La 6e édition : l’IA partout
Parue le 9 mars 2026, l’édition précédente avait élargi le périmètre du classement. Elle intégrait des applications grand public où l’IA est devenue centrale, comme CapCut, avec 736 millions d’utilisateurs mensuels sur mobile, Canva, Notion, Picsart ou Grammarly. Chez Notion, la part de clients qui paient en plus pour l’IA est ainsi passée de 20 % à plus de 50 % en un an. L’IA cessait d’être une catégorie à part pour devenir une couche technologique.
Deux écosystèmes, deux stratégies
Le rapport comparait les catalogues de ChatGPT et de Claude. ChatGPT comptait 220 applications intégrées, dont beaucoup dans le voyage, les achats ou la santé, avec des partenaires comme Expedia ou Instacart. Claude ciblait plutôt les professionnels, avec des connecteurs vers des outils financiers, des services pour développeurs et des bases scientifiques. Les deux catalogues n’avaient que 41 applications en commun, soit environ 11 % de l’ensemble. Le fonds comparait cette rivalité à celle d’iOS et d’Android, deux plateformes qui ont prospéré côte à côte.
Un marché fracturé en trois blocs
Les outils occidentaux, comme ChatGPT, Claude, Gemini et Perplexity, partagent les mêmes marchés : États-Unis, Inde, Brésil, Royaume-Uni et Indonésie. La Chine développe son propre écosystème avec Doubao ou Kimi, tandis que DeepSeek fait le pont. Son trafic vient à 33,5 % de Chine, à 7,1 % de Russie et à 6,6 % des États-Unis. Quant à la Russie, elle émergeait comme troisième pôle, avec Yandex Browser et son assistant Alice, utilisés par 71 millions de personnes chaque mois. Par habitant, Singapour arrivait en tête de l’adoption, devant les Émirats arabes unis, alors que les États-Unis ne se classaient que 20e.
Outils créatifs : la pression des géants
Les générateurs d’images isolés reculaient nettement face à ChatGPT et Gemini. Ces deux assistants produisent désormais des images de qualité suffisante pour l’usage courant : Nano Banana a ainsi attiré 10 millions de nouveaux utilisateurs vers Gemini dès sa première semaine. Midjourney, présent dans le top 10 de la première édition, était tombé à la 46e place. La vidéo progressait en revanche, portée par Kling et d’autres modèles chinois. Veo 3 avait fait monter Google Labs de la 36e à la 25e place. Quant à la musique et à la voix, elles résistaient mieux, avec Suno à la 15e place et ElevenLabs, présent depuis la toute première édition.
L’ère des agents
Le rapport de mars consacrait une large place aux agents, ces outils qui agissent au lieu de simplement répondre. OpenClaw, l’agent open source de Peter Steinberger, en était le symbole. Viral fin janvier 2026, il dépassait 247 000 étoiles sur GitHub début mars. Il en compte aujourd’hui près de 400 000. a16z y voyait le moment où le grand public a découvert que l’IA pouvait agir, comme ChatGPT avait montré qu’elle pouvait parler. Son installation demandait toutefois encore un terminal, et son magasin d’extensions a connu de nombreuses failles de sécurité.
Deux agents généralistes figuraient aussi dans le classement. Manus avait été racheté par Meta en décembre 2025 pour environ 2 milliards de dollars. La Chine a toutefois bloqué l’opération le 27 avril 2026. Genspark avait de son côté levé 300 millions de dollars et revendiquait 100 millions de revenus annualisés. Côté développeurs, Claude Code a atteint un milliard de dollars de revenus annualisés en six mois, et Codex comptait 2 millions d’utilisateurs hebdomadaires début mars. Notre bilan des agents IA qui fonctionnent vraiment fait le point sur cette famille d’outils.
L’IA sort des classements
Le dernier enseignement est peut-être le plus important : les mesures de trafic captent de moins en moins l’usage réel de l’IA. Les navigateurs deviennent eux-mêmes des produits d’IA, avec Comet de Perplexity ou l’extension Claude pour Chrome. De leur côté, les outils de bureau comme Claude Code ou Codex restent presque invisibles dans les données web. Les assistants de prise de notes comme Granola, Fireflies ou Otter réunissaient par exemple 20 millions de visiteurs à cinq. L’IA s’intègre aussi directement dans Excel, Google Workspace ou Gmail. La nouvelle liste par dépenses de la 7e édition répond justement à cette limite.
Ce qu’il faut retenir
ChatGPT domine, mais la concurrence s’organise. Claude s’impose auprès des utilisateurs exigeants, et Gemini profite de l’écosystème Google. Le multi-équipement reste pourtant rare chez les clients payants, qui choisissent en général un seul assistant.
L’argent ne suit pas toujours l’audience. Des outils spécialisés comme Suno ou ElevenLabs encaissent plus que leur trafic ne le laisse penser. Une partie des plus gros éditeurs restent même invisibles dans les classements de visites.
Les outils créatifs doivent se spécialiser. Un générateur qui fait la même chose que ChatGPT ou Gemini peine à survivre. La musique, la voix et la vidéo laissent en revanche encore de la place.
Les agents arrivent, mais pas encore pour tous. OpenClaw, Manus et les agents de code montrent une vraie demande. Leur installation et leur sécurité restent pourtant des obstacles pour le grand public.
Sources : The Top 100 Gen AI Consumer Apps, 6th Edition (Olivia Moore, a16z, mars 2026) et Top 100 Consumer AI Apps, Seventh Edition (Olivia Moore, a16z, octobre 2026).
Nos guides vous aident à comprendre et à choisir les assistants et les outils d’IA selon vos usages.