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    Éducation & IA

    Vittascience IA : l’intelligence artificielle à portée de tous à l’école

    Avec Vittascience, un élève entraîne un modèle d’IA, explore un réseau de neurones et compare des générateurs de texte et d’images, directement dans son navigateur. La plateforme française, soutenue par le ministère de l’Éducation nationale, s’adresse aux classes de la maternelle au supérieur et veut ouvrir la « boîte noire » de l’IA. Voici ce qu’elle permet, ce qu’elle coûte et comment l’utiliser en cours.

    L’intelligence artificielle fait partie du quotidien des élèves : elle choisit les vidéos qu’ils regardent, retouche leurs photos et répond à leurs questions. La plupart ignorent pourtant comment elle fonctionne, et beaucoup d’adultes aussi. Or on exerce mal son esprit critique sur une technologie qu’on ne comprend pas.

    Vittascience IA répond à ce problème par la pratique. Les élèves comprennent l’IA en la fabriquant et en la testant, plutôt qu’en apprenant des définitions. La plateforme fonctionne dans le navigateur, sans installation, sur ordinateur, tablette ou smartphone. Elle arrive à point nommé : depuis janvier 2026, un parcours Pix consacré à l’IA est obligatoire pour les élèves de quatrième, de seconde générale et technologique et de première année de CAP. Vittascience permet de prolonger ce parcours par des activités concrètes en classe.

    Ce que permet Vittascience IA

    Entraîner son propre modèle d’IA

    C’est le cœur de la plateforme. Les élèves entraînent un modèle de reconnaissance à partir d’images, de sons, de postures, de gestes de la main ou de données de capteurs. Ils importent des exemples depuis des fichiers, la webcam ou le micro, les rangent par catégorie, et le modèle apprend à les distinguer. Un élève peut ainsi apprendre à une IA à différencier un chien d’un chat, un déchet plastique d’un déchet papier, ou deux signes de la langue des signes.

    L’intérêt pédagogique tient à la transparence. La plateforme affiche les zones de l’image que le modèle utilise pour décider, et elle permet d’explorer la structure du réseau de neurones. L’objectif affiché consiste à « ouvrir la boîte noire ».

    Générer du texte et des images

    Vittascience propose aussi des interfaces de génération de texte et d’images, proches de ce que font ChatGPT ou Midjourney, mais dans un cadre scolaire. Les élèves interrogent plusieurs modèles de langage, de tailles et de puissances différentes, et comparent leurs réponses. L’interface montre la consommation de tokens et propose un mode pas à pas, qui aide à comprendre comment le modèle construit sa réponse et à repérer les hallucinations. Les élèves peuvent aussi importer leurs propres documents pour que le modèle s’appuie dessus, selon le principe du RAG. Le glossaire de l’IA définit ces termes si vous voulez les expliquer en classe.

    Mesurer l’impact environnemental

    Les interfaces de génération intègrent un calculateur de l’empreinte carbone. À chaque requête, l’élève voit une estimation de l’énergie consommée. Les outils grand public n’affichent pas cette information, ce qui en fait un bon point de départ pour parler du coût écologique de l’IA.

    Faire parler une voix de synthèse

    Une interface de synthèse vocale transforme un texte en voix. Elle sert aux projets créatifs, aux activités de langues ou à la réalisation de podcasts, et elle permet aussi d’aborder la question des fausses voix et des deepfakes audio.

    Programmer avec l’IA

    Une fois le modèle entraîné, les élèves peuvent l’utiliser dans deux environnements de programmation. Adacraft, un dérivé de Scratch, fonctionne par blocs visuels et convient aux plus jeunes. Python s’adresse aux lycéens. Les interfaces traduisent automatiquement les blocs en Python, ce qui facilite le passage du collège au lycée.

    Connecter l’IA au monde physique

    La plateforme ne se limite pas au logiciel. Vittascience vend des kits qui permettent de déployer les modèles entraînés sur des cartes programmables, comme la micro:bit, l’Arduino Nicla Vision ou la Wio Lite AI. Un élève peut ainsi entraîner un modèle de reconnaissance d’images, puis le faire tourner sur un petit robot. L’IA quitte alors l’écran pour agir dans le monde réel.

    Ce qui est gratuit et ce qui est payant

    Vittascience fonctionne selon un modèle freemium. L’offre gratuite suffit pour découvrir la plateforme en classe, mais elle limite le nombre d’élèves et les générations d’IA.

    Offre Prix Ce qu’elle comprend
    Découverte Gratuit Un enseignant et un groupe de 50 élèves au plus, 10 projets enregistrés, modèles d’IA de base, 30 crédits de texte et 10 crédits d’image par mois, 30 secondes de synthèse vocale par jour
    Premium 20 € par mois, 150 € par an ou 383 € pour trois ans Jusqu’à 400 élèves répartis en 20 groupes, projets illimités, modèles d’IA avancés, 1 000 crédits de texte et 100 crédits d’image par mois, synthèse vocale illimitée
    Équipe À partir de 38 € par mois ou 286 € par an De 2 à plus de 200 enseignants, élèves illimités, tableau de bord d’administration et une heure de formation pour l’équipe

    Les informations de Vittascience ne concordent pas toutes. La page des tarifs présente les formules ci-dessus, alors que la page consacrée à l’IA affiche encore une offre de rentrée sur le module de gestion de classe à 99 €. Vérifiez le prix au moment de commander.

    Certains territoires offrent l’accès gratuitement. En Corse, la plateforme est ouverte à tous les collèges et lycées par l’ENT Leia, dans le cadre du Territoire numérique éducatif, après une formation de 30 minutes. En Île-de-France, les lycées peuvent la commander dans le catalogue de MonLycée.net. Partout en France, les interfaces de programmation de Vittascience sont accessibles sans frais par Capytale, le service gratuit de l’Éducation nationale, et la connexion par l’ENT passe par le GAR, le gestionnaire d’accès aux ressources.

    À qui s’adresse Vittascience IA

    Aux enseignants

    Le module de gestion de classe permet de créer des activités, de les attribuer aux élèves et de suivre leurs résultats. Des centaines de ressources pédagogiques sous licence libre sont disponibles, créées par des enseignants et par l’équipe de Vittascience. Le webinaire de rentrée du 16 septembre 2026, « L’IA dans vos cours avec Vittascience », est disponible en replay sur YouTube. Il montre des usages en français, en langues, en histoire, en sciences, en mathématiques et en arts. Notre sélection d’outils d’IA pour les professeurs présente d’autres ressources utiles pour préparer ses cours.

    Aux élèves, de la maternelle au supérieur

    L’interface par blocs convient dès l’école primaire, et le mode hybride, qui traduit les blocs en Python, se prête bien au collège. Le mode Python complet s’adresse aux lycéens en spécialité NSI (numérique et sciences informatiques) et en enseignement scientifique. Des modèles déjà entraînés, dont certains volontairement biaisés, permettent de travailler sur l’éthique et les biais de l’IA sans passer par l’entraînement.

    Aux établissements

    Le rattachement au GAR garantit un cadre de confiance pour les données des élèves. Avec la formule Équipe, un établissement équipe tous ses enseignants et gère les comptes depuis un tableau de bord central.

    Exemples de projets en classe

    Le trieur de déchets intelligent : en SVT ou en technologie, les élèves entraînent un modèle à reconnaître le plastique, le papier et le verre à partir d’images prises avec la webcam. Ils programment ensuite une carte micro:bit qui indique dans quelle poubelle jeter l’objet présenté.

    L’analyseur de sentiments : en français ou en langues vivantes, les élèves entraînent un modèle à détecter si une phrase exprime un sentiment positif, négatif ou neutre. Ils analysent ensuite des critiques de films ou des commentaires publiés sur les réseaux sociaux.

    La comparaison de modèles d’IA : les élèves posent la même question à plusieurs modèles de langage. Ils comparent les réponses, repèrent les erreurs, observent les écarts de consommation d’énergie et développent un regard critique sur les outils qu’ils utilisent chaque jour.

    La reconnaissance de la langue des signes : les élèves entraînent un modèle à reconnaître plusieurs signes filmés par la webcam. Ce projet d’inclusion relie la technologie, l’accessibilité et la sensibilisation au handicap.

    Les limites à connaître

    La plateforme sert à apprendre. Vittascience ne cherche pas à rivaliser avec ChatGPT ou Midjourney en puissance. Les modèles proposés sont volontairement variés, des plus petits aux plus grands, pour permettre la comparaison, et l’objectif reste la compréhension.

    L’offre gratuite atteint vite ses limites. Trente crédits de texte et dix crédits d’image par mois suffisent pour une démonstration, mais pas pour une classe entière qui travaille sur plusieurs séances. Pour un usage régulier, il faut prévoir l’abonnement Premium ou passer par un accès offert par l’académie ou la région.

    La documentation reste inégale. Les fonctions les plus récentes, comme la synthèse vocale ou l’import de documents, sont encore peu documentées. Les webinaires et les tutoriels vidéo compensent en partie, mais un enseignant qui découvre la plateforme seul doit prévoir un temps de prise en main.

    Le matériel reste facultatif. Les kits Arduino et micro:bit enrichissent l’expérience, mais tout le volet logiciel fonctionne dans le navigateur, sans équipement supplémentaire.

    Qui est derrière Vittascience

    Vittascience est une start-up française lauréate du dispositif Édu-Up du ministère de l’Éducation nationale et finaliste des GESAwards France. L’équipe collabore avec la recherche universitaire. Elle conduit notamment une thèse sur l’enseignement de l’IA, qui compare un apprentissage dans une seule discipline et une approche qui traverse plusieurs matières. Son partenariat avec STMicroelectronics sur l’IA embarquée, soutenu dans le cadre de France 2030, l’inscrit dans une stratégie industrielle européenne.

    Ce qu’il faut retenir

    Vittascience IA fait partie des rares outils qui permettent aux élèves de comprendre l’IA en la fabriquant, et pas seulement en l’utilisant. Entraîner un modèle, visualiser un réseau de neurones, mesurer l’empreinte carbone d’une requête ou repérer une hallucination sont devenus des compétences utiles, que les programmes ignoraient encore il y a trois ans.

    La plateforme fonctionne dans le navigateur, bénéficie d’un soutien institutionnel solide et propose une offre gratuite pour commencer. Si vous enseignez et cherchez une façon concrète d’aborder l’IA en cours, en complément du parcours Pix, c’est un bon point de départ. Le hub IA et éducation rassemble les autres outils utiles aux élèves et aux enseignants.

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    Mise à jour : 23 septembre 2026