Base de connaissances, Projects et connecteurs : structurer son travail sur Vibe
Vos conversations s’accumulent et vous répétez les mêmes consignes à chaque session. Mistral avait répondu à ce problème par les Memories. Le 22 septembre 2026, une base de connaissances les a remplacées, aux côtés de cinq autres mécanismes du mode Work. Voici lesquels, dans quel ordre les configurer, et ce que ça change concrètement dès la deuxième journée d’usage.
Pendant longtemps, Vibe ne retenait presque rien d’une conversation à l’autre. Chaque session démarrait de zéro, sans vos préférences, sans la continuité de vos dossiers et sans accès à vos documents. Ce choix relevait de la confidentialité assumée. Sans configuration, vous passiez toutefois un temps précieux à recontextualiser chaque échange.
Ce quatrième volet de la série « Maîtriser Mistral de A à Z » fait suite à l’article sur les cinq outils intégrés de Vibe. Il montre comment installer un contexte qui persiste. Attention toutefois : la carte a changé au printemps, puis de nouveau en septembre. La plupart des tutoriels en circulation vous enverront vers une fonction qui n’est plus le bon point d’entrée.
Les Memories ne sont plus le socle : la base de connaissances prend le relais
Commençons par le point qui rend obsolètes les guides publiés avant l’automne. La mémoire persistante de Vibe s’appelait Memories et appartenait au mode Chat. Le 22 septembre 2026, Mistral a fusionné Chat avec Work. Vos mémoires existantes ne sont pas perdues pour autant : elles deviennent des sujets de la nouvelle base de connaissances.
La base de connaissances agentique
Annoncé depuis le printemps, le nouveau système de mémoire est arrivé en préversion publique le 22 septembre. Work construit et entretient une base de connaissances personnelle, organisée en pages que vous parcourez, modifiez et corrigez. Un court entretien guidé l’alimente au démarrage.
replacing flat, intrusive memories with pages you can browse, edit, and trust
Le rappel fonctionne selon la pertinence. Work ne ressort une information que lorsqu’elle sert la demande en cours, et il indique d’où elle vient. Vous gardez donc la main sur ce que l’outil sait de vous.
La nouvelle pile de contexte
Six mécanismes se partagent aujourd’hui le rôle. Chacun couvre un besoin différent, et leur combinaison va nettement plus loin que l’ancienne mémoire automatique.
| Brique | Ce qu’elle retient | Où la configurer |
|---|---|---|
| Instructions personnalisées | Qui vous êtes, votre ton, votre format | Context puis Instructions |
| Base de connaissances | Ce que l’outil apprend de vous au fil des échanges | Pages consultables et modifiables dans Work (préversion) |
| Projects | Le contexte d’un chantier, ses fichiers, ses consignes | Barre latérale, bouton New Project |
| Libraries | Vos documents de référence, interrogeables | Menu + puis Libraries |
| Connecteurs | L’accès à vos outils métier | Page Connectors |
| Tâches planifiées | Ce qui doit tourner sans vous | Barre latérale, section Scheduled |
Sur les comptes Free, Pro et Team, elles migrent vers la base de connaissances, sous forme de sujets que vous pouvez relire et corriger. Les organisations Enterprise gardent l’ancien Chat et ses Memories pendant une fenêtre de migration d’environ six mois, ouverte le 1er octobre. Profitez de la bascule pour relire ce que l’outil a retenu. Déplacez aussi vos préférences les plus utiles vers les instructions personnalisées, qui prennent dix minutes à écrire.
Instructions personnalisées : le socle à écrire en premier
C’est la brique la plus simple à mettre en place, et la plus directe. Vous définissez une fois vos préférences, et Work les applique à toutes vos tâches. Vous n’avez plus besoin de répéter votre métier ou votre format de sortie au début de chaque échange.
Think of them as a brief profile you give the assistant
Où et comment les régler
Ouvrez la barre latérale, cliquez sur Context puis sur Instructions. Une fenêtre s’ouvre. Choisissez d’abord un ton, puis décrivez votre rôle, votre domaine et le format que vous attendez. Enregistrez enfin. Les instructions s’appliquent à toutes les nouvelles tâches, sans toucher aux conversations déjà ouvertes.
Ce qu’il faut y mettre
Restez bref et concret. Quatre éléments suffisent : votre métier et votre secteur, votre langue de travail, votre format préféré, et une contrainte récurrente. Par exemple : « Consultante en transformation digitale pour des PME industrielles. Réponses en français, structurées, avec des exemples concrets. Signale toujours ce que tu n’as pas pu vérifier. »
Pour une équipe, l’intérêt change d’échelle. Les instructions standardisent la façon dont toute l’organisation dialogue avec l’outil. Terminologie, conventions, mise en forme : tout le monde obtient des réponses au même moule.
Projects : le classeur qui porte enfin ses propres fichiers
Voici la correction la plus utile de cette mise à jour. Les Projects regroupent des conversations liées à un même chantier. Jusqu’à récemment, ils ne portaient que les conversations, ce qui limitait fortement leur intérêt.
keep context, preferences, and reference material scoped to one initiative
Ce qui a changé
Chaque Project dispose maintenant de son propre ton, de ses propres instructions et de ses fichiers partagés. Vous passez donc d’un dossier client à un plan de lancement sans remixer vos prompts ni ré-uploader vos documents. Le contournement qui consistait à rattacher la même bibliothèque à chaque conversation n’a plus lieu d’être.
Comment les organiser
Créez un Project dès qu’un sujet s’étend sur plusieurs conversations. C’est le cas d’un dossier client, d’une recherche en cours, de la préparation d’un événement ou d’un recrutement. Le bouton New Project se trouve dans la barre latérale, à côté de l’en-tête Projects.
Nommez ensuite par thématique, jamais par date. « Refonte site web — sprint 3 » se retrouve d’un coup d’œil. « Conversations avril » ne vous aidera pas. Les Projects sont accessibles sur tous les paliers, avec des limites de nombre selon la formule.
Libraries : la base documentaire, désormais bien plus fine
Une Library est une collection de documents que l’assistant peut interroger pendant vos tâches. Contrairement à un fichier déposé à la volée, elle persiste et se réutilise d’une session à l’autre. C’est le socle de connaissance de votre espace de travail.
Créer et attacher une bibliothèque
Créez la bibliothèque, puis déposez-y vos documents. PDF, Word, PowerPoint, Excel, CSV et fichiers texte sont pris en charge. Après indexation, attachez-la à une conversation depuis le menu +. Work cherche alors dans l’ensemble des documents, et non dans un fichier isolé.
Chaque réponse porte des notes de bas de page numérotées. Un clic vous emmène directement au passage d’origine. Pour cibler un seul document, passez par +, puis Upload Files, choisissez la bibliothèque et sélectionnez le fichier. Mentionner le document par son nom dans le prompt fonctionne également.
Ce qu’Agentic Search y a changé
Depuis le 20 août 2026, la recherche documentaire ne procède plus par extraits découpés à l’avance. Le modèle cherche, ouvre le fichier, navigue jusqu’à la bonne page, lit et vérifie. Sur des rapports financiers, Mistral mesure une justesse qui passe de 26,7 % à 86 %.
La conséquence pratique inverse un vieux réflexe. Déposez le document entier plutôt que d’en extraire les passages utiles. Votre prompt gagne alors à désigner la cible et à exiger la source : « trouve le taux effectif du troisième trimestre et cite la page ».
Les limites qui subsistent
La qualité du rappel dépend toujours de celle des documents. Un PDF scanné sans couche texte, un tableau très complexe ou une présentation purement visuelle donneront des résultats inégaux. Le stockage reste par ailleurs plafonné selon votre formule. Notez enfin que les bibliothèques sont cloisonnées par espace de travail, sauf si votre administrateur autorise un partage plus large.
Connecteurs : Vibe branché sur vos outils
Les connecteurs relient Work à vos services externes. L’assistant récupère alors des données, les analyse et agit dessus, sans que vous quittiez la conversation. Mistral annonce plus de cent connecteurs, qui relèvent de deux familles. Une troisième est en train de disparaître.
Deux familles, et une en voie de disparition
- Les connecteurs vedettes — Gmail, Google Calendar, Outlook, Outlook Calendar, Slack, Notion, Linear, GitHub, Atlassian, Box, Stripe et SharePoint Search. Vous cliquez sur
Connect, vous authentifiez, c’est prêt. Les données sont récupérées à la volée et ne sont pas stockées. - Les serveurs MCP — pour tout le reste. N’importe quel serveur compatible se branche, y compris vos outils développés en interne.
- Les connecteurs de connaissance — Google Drive et SharePoint Online indexaient vos fichiers dans les centres de données européens de Mistral, sur les paliers Team et Enterprise. Mistral a programmé leur retrait pour la fin août 2026 et recommande de passer par les connecteurs MCP de ces mêmes services. L’administrateur les configure, puis chaque utilisateur reconnecte son compte.
data accessed through Connectors is never used to train or fine-tune our models
Le circuit de validation
Chaque action sensible passe par votre accord. Trois réponses vous sont proposées : Continue pour autoriser une fois, Always allow pour pré-autoriser cette fonction, Decline pour annuler. Vous réglez ensuite les permissions fonction par fonction depuis la fiche du connecteur.
Un conseil de prudence pour commencer. Testez toujours en lecture seule avant d’autoriser une écriture. « Montre-moi mes cinq derniers emails de l’équipe juridique » vous laisse vérifier le périmètre. « Réponds-leur » attendra le tour suivant.
Tâches planifiées : la brique que personne n’active assez tôt
Voici l’élément le plus sous-estimé de la pile. Une tâche planifiée exécute un prompt tout seul, à la cadence de votre choix : une fois, chaque jour, chaque semaine, chaque mois ou chaque année. Vous recevez ensuite une notification quand le résultat est prêt.
Ce n’est pas un simple rappel
La nuance compte. Ces tâches tournent dans le mode Work et mobilisent tout son outillage : Skills, connecteurs, recherche web, bibliothèques et Projects. Elles vont donc chercher l’information et produisent un livrable. Elles ne se contentent pas de vous rappeler qu’on est mardi.
Quatre automatisations qui tiennent la route
- La revue du lundi — résumer les emails et messages non lus de la semaine écoulée, chaque lundi matin.
- Le point livraison — générer un récapitulatif hebdomadaire à partir de vos outils de suivi, chaque vendredi.
- Le brief de réunion — préparer chaque matin à neuf heures un topo sur le premier rendez-vous de la journée.
- La veille sectorielle — résumer les annonces de la semaine sur une liste de sujets à surveiller.
La règle de sécurité à respecter
Une tâche planifiée tourne sans personne devant l’écran. Réservez donc les prompts en lecture seule aux exécutions automatiques : résumer, surveiller, préparer. Gardez les actions d’écriture pour les tâches que vous validez vous-même. Si une automatisation doit vraiment envoyer un message, pré-autorisez précisément la fonction concernée avec Always allow.
Dans quel ordre tout mettre en place
Les cinq briques se complètent. Voici l’ordre qui donne le meilleur résultat pour un usage professionnel.
Dix minutes suffisent pour écrire votre profil : métier, langue, format, contrainte récurrente. C’est le socle, et chaque tâche en bénéficie immédiatement. L’entretien guidé amorce ensuite votre base de connaissances.
Créez un Project par chantier actif, avec ses consignes et ses fichiers, puis une bibliothèque de référence par domaine. Testez-la sur quatre questions avant d’élargir.
Branchez d’abord un seul connecteur, en lecture. Quand il tient, ajoutez-en un second, puis programmez votre première tâche récurrente.
Le résultat se voit dès la deuxième journée. Vous ouvrez une conversation dans votre Project « Lancement Q3 ». L’assistant connaît déjà votre métier, dispose de vos briefs et voit l’état de vos tickets. Il ne vous reste qu’à poser la question.
Quatre réglages qui font la différence
- Des bibliothèques ciblées plutôt qu’un fourre-tout — cinq bibliothèques de quarante documents battent une bibliothèque de deux cents. Le rappel gagne en précision.
- Un Project nommé pour être retrouvé — indiquez la thématique, l’étape et le trimestre. Vous vous y retrouverez dans six mois.
- Une base de connaissances relue — parcourez régulièrement ses pages et corrigez ce qui est faux ou périmé. Elle reste en préversion, et une mémoire se vérifie.
- Des instructions courtes — quatre lignes précises valent mieux qu’une page. Un profil trop long dilue les consignes qui comptent vraiment.
- Un espace de travail par contexte — Projects, Skills, tâches planifiées et connexions restent cloisonnés par espace. Anticipez si vous jonglez entre plusieurs organisations.
De l’assistant amnésique au collaborateur contextuel
La qualité d’un assistant ne tient pas qu’à ses réponses individuelles. Elle tient à sa capacité à maintenir un contexte, à s’adapter à votre méthode et à atteindre vos outils. Les cinq briques de ce guide couvrent ces trois besoins.
Retenez surtout le déplacement. La mémoire automatique appartient au monde d’avant, et son remplaçant prend la forme de pages que vous pouvez lire. L’ensemble demande un peu plus de mise en place, mais offre nettement plus de contrôle. Vous décidez explicitement de ce que l’assistant sait, plutôt que de le découvrir après coup.
L’étape suivante consiste à figer vos méthodes récurrentes dans des assistants spécialisés. C’est le sujet de l’article 5, où la bascule des Agents vers les Skills change également la donne.
Instructions persistantes, outils dédiés et sources de connaissance — et pourquoi les Skills ont remplacé les agents personnalisés.