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    Événement tech

    CES de Las Vegas : le salon où l’IA prend corps

    Chaque début janvier, Las Vegas accueille le Consumer Electronics Show, le plus grand salon technologique du monde. NVIDIA, AMD, Samsung et des milliers de start-up y dévoilent les produits de l’année. Voici ce qu’il faut savoir sur le CES, les dates de l’édition 2027 et les annonces IA qui ont marqué le CES 2026.

    Le CES sert de baromètre à toute l’industrie technologique. Les puces, les téléviseurs, les voitures et les robots qui y sont présentés donnent le ton des douze mois suivants. Depuis trois ans, l’intelligence artificielle s’est imposée comme le fil rouge du salon. L’édition 2026 a marqué un virage, puisque l’IA quitte l’écran pour entrer dans les machines.

    Le CES en quelques chiffres

    La Consumer Technology Association (CTA) organise le CES chaque année à Las Vegas. Le premier salon s’est tenu à New York en juin 1967, avec environ 200 exposants. D’après l’audit publié par la CTA en avril 2026, l’édition 2026 a réuni 148 392 participants. Plus de 4 100 exposants venaient de 141 pays et territoires. L’Eureka Park, l’espace réservé aux jeunes pousses, accueillait à lui seul environ 1 200 start-up.

    Le salon dure quatre jours, au début de la première semaine de janvier. Il est précédé de journées réservées à la presse et de l’événement « CES Unveiled », où les exposants montrent leurs nouveautés aux journalistes. Les keynotes des grands groupes ouvrent ensuite le bal, souvent dès la veille de l’ouverture officielle.

    Le CES 2027 : dates et premiers intervenants

    Selon la CTA, le CES 2027 aura lieu du 6 au 9 janvier 2027 à Las Vegas. Les inscriptions sont ouvertes. Par ailleurs, deux keynotes sont déjà annoncées pour la première journée. Tekedra Mawakana, co-directrice générale de Waymo, parlera des véhicules autonomes, et Waymo proposera des trajets sans chauffeur à Las Vegas pendant le salon. De son côté, Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, présentera sa vision de la mobilité connectée.

    La robotique, les agents IA et la voiture autonome devraient de nouveau dominer. Les chiffres de 2026 vont dans ce sens. Selon l’audit de la CTA, les conférences consacrées à l’IA ont attiré près de 40 000 participants, en hausse de 22 %. La robotique a d’ailleurs progressé encore plus vite, avec 26 % de participants en plus.

    CES 2026 : l’IA entre dans le monde physique

    Le CES 2026 s’est tenu du 6 au 9 janvier. Son mot-clé, « Physical AI », désigne des systèmes d’IA conçus pour percevoir, raisonner et agir dans le monde réel. Après deux ans de chatbots et de générateurs d’images, l’industrie a mis en avant des machines qui bougent, conduisent et manipulent des objets.

    NVIDIA donne le ton

    Jensen Huang, le patron de NVIDIA, a ouvert le salon avec une présentation qui a fixé l’agenda de l’industrie. Il a d’abord annoncé que la plateforme Rubin, qui associe le processeur Vera et le GPU Rubin dans un ensemble de six puces, était en pleine production. NVIDIA a aussi présenté Alpamayo, une famille de modèles ouverts qui raisonnent sur la conduite autonome, avec la Mercedes-Benz CLA comme première voiture partenaire. Les modèles ouverts Cosmos et GR00T visent de leur côté l’apprentissage des robots. Enfin, les joueurs ont découvert DLSS 4.5, qui ajoute un mode de génération d’images multipliées par six.

    La démonstration la plus parlante tenait sur un bureau. Jensen Huang a fait tourner un agent IA en local sur un DGX Spark, le petit supercalculateur personnel de NVIDIA. L’agent prenait corps dans le robot Reachy Mini de Hugging Face. Pour situer l’enjeu, il a estimé qu’environ 10 000 milliards de dollars d’infrastructure informatique construite en dix ans étaient en train d’être modernisés par l’IA. Notre portrait de Jensen Huang revient sur sa stratégie.

    AMD et Intel misent sur l’IA dans les PC

    Lisa Su, directrice générale d’AMD, a invité sur scène Greg Brockman, président d’OpenAI, et Fei-Fei Li, cofondatrice de World Labs. Elle a ensuite présenté les processeurs Ryzen AI 400 pour ordinateurs portables. La start-up italienne Generative Bionics, soutenue par AMD, a dévoilé GENE.01, un humanoïde couvert d’une peau tactile. Son lancement commercial était visé pour fin 2026. Intel a présenté de son côté ses Core Ultra Series 3 (Panther Lake), premières puces gravées avec son procédé 18A. Elles intègrent un processeur neuronal de 50 TOPS. Qualcomm a enfin complété l’offre avec le Snapdragon X2 Plus. Ces puces font tourner l’IA directement sur l’ordinateur, sans passer par le cloud.

    Les robots, vedettes du salon

    Boston Dynamics a présenté la version de production d’Atlas, son humanoïde électrique. Toutes les unités fabriquées en 2026 étaient déjà réservées par Hyundai, sa maison mère, et par Google DeepMind, qui fournira ses modèles d’IA au robot. Hyundai a annoncé dans la foulée une usine capable de produire 30 000 robots par an. Caterpillar et NVIDIA ont montré un assistant IA pour les engins de chantier. LG a fait la démonstration de CLOiD, un robot domestique capable de charger un sèche-linge, et la presse a relevé sa lenteur. Notre état des lieux des robots humanoïdes fait le point sur ces machines.

    Annonce et réalité

    Au CES, une annonce marque une intention, et la mise sur le marché arrive souvent bien plus tard. Atlas en donne un bon exemple : Hyundai a ouvert en septembre 2026 un centre d’entraînement pour ses robots dans son usine de Géorgie. Le constructeur prévoit pourtant de les faire travailler sur la chaîne à partir de 2028 seulement. NVIDIA parlait de « pleine production » pour Rubin en janvier, puis d’une plateforme « en montée en production » chez ses partenaires cloud en août 2026.

    Les autres annonces à retenir

    Google a intégré Gemini dans Google TV, d’abord sur les téléviseurs TCL, pour chercher un programme ou régler l’image en langage naturel. Amazon a de son côté ouvert Alexa+ sur le web, sur le site Alexa.com, à un premier groupe d’utilisateurs. Uber, Lucid et Nuro ont aussi dévoilé leur futur robotaxi, construit sur la base du SUV Lucid Gravity et en test sur route.

    Ce qu’il faut retenir du CES 2026

    L’IA passe du virtuel au physique. Toute l’industrie s’est tournée vers les robots, les véhicules autonomes et les systèmes embarqués. Le terme « Physical AI » résume cette édition comme « IA générative » résumait les années 2023 et 2024.

    NVIDIA garde la main. Le groupe construit l’ensemble de la chaîne : puces, logiciels, modèles et simulation. Ses partenaires, de Mercedes à Caterpillar, s’appuient donc sur cette pile, comme l’avait déjà montré la conférence GTC.

    L’IA locale arrive dans les PC. Avec des processeurs neuronaux de 50 à 80 TOPS dans les ordinateurs grand public, une partie de l’IA tourne désormais sans connexion. La confidentialité y gagne, car les données restent sur la machine.

    Les alliances structurent le marché. Hyundai travaille avec Google DeepMind, Mercedes avec NVIDIA, Uber avec Lucid et Nuro. Ainsi, aucune entreprise ne construit plus seule l’ensemble de sa technologie d’IA.

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    Mise à jour : 5 octobre 2026