Venice AI : l’IA privée qui ne garde rien chez elle

Venice AI : l’IA privée qui ne garde rien chez elle

Venice AI permet de discuter avec une intelligence artificielle et de générer des images sans que vos conversations quittent votre navigateur. Le service fonctionne sur le web, en français, et s’utilise même sans créer de compte. Il vise les personnes qui veulent un assistant généraliste et se méfient de ce que deviennent leurs échanges.
 
 

Découvrir Venice AI

Venice est édité par une société américaine cofondée par Erik Voorhees, figure connue du monde des cryptomonnaies. En juillet 2026, l’entreprise a levé 65 millions de dollars sur une valorisation d’un milliard, aux côtés de Jesse Proudman. La plateforme se présente comme une IA privée et non censurée, adossée à un jeton nommé VVV. L’application lui consacre ainsi un tableau de bord entier, avec un rendement de 7 % annoncé en gros titre et un bouton pour connecter un portefeuille.
Le principe technique tient en une phrase : vos discussions restent dans votre navigateur. Venice ne les héberge pas et ne peut donc pas les relire. Pour produire les réponses, le service s’appuie ensuite sur des modèles tiers, quinze côté texte et trente-deux côté images. L’application propose enfin, autour du chat, un Studio de création, un catalogue de personnages, un fil public de créations et une API compatible OpenAI.
 
 

Prise en main

Rien n’oblige à s’inscrire pour commencer. On arrive sur un écran intitulé « Créez sans limites », avec un champ de saisie et quatre boutons : découvrir le monde, générer une image, créer une vidéo, être surpris. Pour ce test, nous avons demandé une dépêche d’agence de presse annonçant qu’un chef étoilé quittait la télévision, avec deux citations et une réaction de mairie. Le brief est parti tel quel, sans consigne particulière.
 

 
La dépêche est arrivée en dix-sept secondes, complète, datée du jour et signée « (AFP) ». Les deux citations sont inventées, le communiqué de la mairie également, et une résidence secondaire fictive s’est glissée dans le texte. Trois fautes de fabrication apparaissent dans deux cent cinquante mots, dont un mot inexistant et un prénom déformé. Le service n’a affiché aucun avertissement à aucun moment. La huitième requête a ensuite provoqué une éjection sèche vers la page d’inscription, sans message ni compteur.
 

Faux réalisé pour le test outil.
 
 
 

Fonctionnalités clés

Deux modes de discussion et quinze modèles de texte

La discussion agentique constitue le mode par défaut. Elle enchaîne les étapes seule, cherche sur le web puis rédige. La discussion classique, elle, laisse choisir le modèle puis affiche son nom avec le temps de réponse. Le catalogue mélange des modèles maison et des modèles connus : Claude, GPT-6, Gemini, Qwen, DeepSeek, Grok, Kimi. Deux étiquettes les séparent, et la nuance compte. Les modèles marqués « Privé » traitent la demande sans rien conserver. Ceux marqués « Anon » passent par leur fournisseur d’origine. Venice ne lui transmet alors pas votre identité, selon sa propre documentation. La même page précise que ce fournisseur voit toujours le contenu du prompt.
 

Le Studio d’images, son filigrane et ses métadonnées

Le Studio réunit l’image, l’audio, la vidéo et un éditeur de montage. Une demande en français a produit une image très propre en sept secondes et neuf dixièmes, avec le modèle Z-Image Turbo. Un filigrane « Venice » apparaît alors en bas à gauche, et son retrait figure parmi les options payantes. Deux réglages actifs par défaut méritent l’attention. Le premier réécrit silencieusement votre demande en anglais avant de l’envoyer au modèle. Le second incruste dans le fichier livré votre prompt, la graine et les paramètres de génération. Curieusement, les images produites depuis le chat n’ont ni filigrane ni métadonnées.
 

 
Le modèle reproduit également l’identité visuelle d’un titre de presse réel. Notre demande de maquette de une a rendu le bandeau et le logo du journal, avec une texture de papier convaincante. Le texte reste illisible : le modèle dessine des lettres sans savoir écrire.
 

Faux réalisé pour le test outil.
 

La recherche web et la lecture de documents

Le bouton « Découvrez le monde » lance une vraie recherche, en trois étapes enchaînées. L’outil choisit un sujet, cherche, creuse, puis rédige une synthèse structurée. Notre essai a produit un dossier exact sur une découverte archéologique de février 2025, avec six sources françaises citées par leur titre. Aucune n’est cliquable, ce qui oblige à les retrouver soi-même. La lecture de documents donne enfin le meilleur résultat du test. Sur un compte rendu d’assemblée générale en PDF, tous les chiffres sont ressortis justes. L’outil a repéré seul le point de vigilance caché au milieu du texte, puis l’a qualifié et priorisé.
 

 

Les Personnages, l’audio et la vidéo

Cinquante-deux personnages publics, créés par les utilisateurs, se consultent sans compte. Les compagnons de conversation dominent largement le catalogue, avec quelques utilitaires comme un narrateur de jeu de rôle. Chacun peut également créer le sien. L’audio propose de la musique, de la synthèse vocale, des effets sonores et un changeur de voix. Ce dernier affiche « aucun modèle ne prend actuellement en charge la conversion vocale » : le bouton existe, la fonction non. La vidéo s’appuie sur des modèles comme Wan 3.0, en dix secondes et 16:9, avec audio.
 

 

Ce que Venice fait de vos conversations

La promesse du stockage local se vérifie dans le navigateur : les échanges vivent dans une base chiffrée, côté machine, avec dix gigaoctets d’espace. L’application le confirme elle-même dans ses réglages et propose un bouton de suppression. Deux réserves accompagnent ce bon point. Vider les données du site efface tout, et la sauvegarde des conversations commence au premier plan payant. La collecte de télémétrie reste également active par défaut, l’interrupteur pour la couper se trouvant enterré dans les paramètres.
 
 

Cas d’usage

Le créateur de visuels : trente-deux modèles d’images en un seul endroit, dont plusieurs références du marché, avec téléchargement possible et un quota quotidien confortable. Pensez à couper les métadonnées avant de partager vos fichiers.
 
Le bénévole associatif : déposer un compte rendu, un règlement ou un devis en PDF, puis demander un résumé et les points de vigilance. C’est le terrain où l’outil s’est montré le plus fiable pendant le test.
 
Le curieux de la confidentialité : essayer un assistant sans compte, sans historique côté serveur, et comparer son comportement avec celui des grands modèles. Quelques minutes en mode invité suffisent alors à se faire une idée.
 
Le développeur : une API compatible OpenAI, consultable sans compte, qui donne accès aux mêmes modèles de texte, d’images, de vidéo et d’audio. L’accès figure ainsi parmi les avantages annoncés du plan gratuit.
 
 

Tarifs

Le plan gratuit donne dix prompts texte et vingt images par jour, plus quinze extractions web, sans aucun crédit au compteur. Ensuite, l’offre Pro à 18 dollars par mois ajoute cent crédits mensuels, le retrait du filigrane, la sauvegarde chiffrée et la levée du filtre adulte. Enfin, les formules Pro Plus à 68 dollars par mois et Max à 200 dollars par mois montent à 7 500 et 22 500 crédits, sachant que cent crédits valent un dollar.
 

 
 
 

Analyse des points forts et limites

Points forts

  • Utilisable sans compte : le chat, les images et la recherche web fonctionnent immédiatement, sans adresse e-mail ni mot de passe.
  • Stockage réellement local : les conversations restent dans une base chiffrée du navigateur, avec un bouton de suppression dans les réglages.
  • Lecture de documents solide : chiffres exacts, synthèse juste et détection autonome du point sensible sur notre PDF de test.
  • Choix de modèles très large : quinze modèles de texte et trente-deux d’images réunis dans une seule interface, avec téléchargement des créations.
  • Interface française soignée : menus, réglages et messages d’erreur passent tous en français, ce qui reste rare sur ce type de plateforme.

 

Limites

  • Le filtre adulte est verrouillé sur le gratuit : l’interrupteur existe dans les réglages généraux, activé et cadenassé. Sa levée figure dans les arguments de vente des plans payants.
  • Fabrication d’information sans avertissement : notre fausse dépêche est sortie signée « (AFP) », avec des citations inventées attribuées à une personne réelle, et une légende d’image créditée « © AFP » proposée spontanément.
  • Un personnage se présente comme psychologue clinicienne : interrogé directement, il l’affirme sans mentionner qu’il s’agit d’une IA. En France, ce titre est protégé par la loi du 25 juillet 1985.
  • Aucun compteur visible pendant l’usage : les quotas se cachent dans les réglages, et le mode invité coupe brutalement en renvoyant vers l’inscription.
  • Confidentialité à géométrie variable : les modèles étiquetés « Anon » laissent le fournisseur d’origine voir vos prompts, et la télémétrie est active par défaut.

 

Portrait fabriqué pour le test outil.
 

Faux réalisé pour le test outil.
 
 
 

Notre recommandation

Venice AI mérite le détour pour trois choses : l’accès sans compte, le stockage local vérifiable et l’ampleur du catalogue de modèles. La lecture de documents et la génération d’images tiennent leurs promesses, avec un rendu propre et rapide. Ce genre de proposition a sa place dans le paysage, puisqu’elle assume une architecture différente des grandes plateformes centralisées. Le discours sur l’absence de censure demande simplement d’être lu de près, le filtre adulte restant verrouillé tant que vous ne payez pas. La plateforme convient ainsi aux curieux, aux créateurs d’images et à ceux qui veulent un assistant sans historique serveur. Elle convient moins à qui cherche un outil de travail quotidien, faute de quotas généreux et de garde-fous cohérents.
 
 

Questions fréquentes sur Venice AI

Venice AI est-il vraiment sans censure ?

Pas sur le plan gratuit. Un filtre adulte apparaît dans les réglages généraux, activé et verrouillé par un cadenas, et le sélecteur de modèles d’images invite à passer à l’offre supérieure pour le désactiver. Neuf modèles de texte portent bien une étiquette « non censuré », mais six d’entre eux demandent un compte. Le levier réellement accessible se nomme « désactiver le prompt système de Venice », dans les réglages avancés.
 

Peut-on utiliser Venice AI sans créer de compte ?

Oui, et c’est même la porte d’entrée par défaut. Le chat, les images et la recherche web fonctionnent immédiatement sous un profil « invité ». Notre session s’est ensuite arrêtée à la huitième requête, par une redirection sèche vers la page d’inscription. La question posée à ce moment-là est perdue.
 

Où sont stockées les conversations ?

Dans votre navigateur, à l’intérieur d’une base de données chiffrée, avec une limite de dix gigaoctets. Venice écrit lui-même ne pas stocker cet historique et ne pas pouvoir y accéder. La contrepartie est simple : effacer les données du site supprime tout, et rien ne se synchronise entre deux appareils sans abonnement payant.
 

Venice AI ou ChatGPT : lequel choisir ?

ChatGPT reste devant pour le travail quotidien, avec des quotas plus larges, une mémoire, des applications mobiles et un écosystème complet. Venice se distingue sur trois points précis : l’usage sans compte, l’historique conservé côté navigateur et le choix entre des dizaines de modèles concurrents dans une même fenêtre. Les deux se complètent plus qu’ils ne se remplacent.
 

Les personnages de Venice AI peuvent-ils remplacer un professionnel ?

Non, et un exemple le montre clairement. Le personnage « Venice Psychologist », téléchargé près de dix mille fois, se décrit comme formé à la psychologie clinique. Interrogé sur ce point, il répond qu’il est bien psychologue clinicienne, sans préciser qu’il s’agit d’un programme, puis enchaîne sur un questionnement de type clinique. Le titre de psychologue est protégé en France, et aucun personnage de ce catalogue ne remplace un rendez-vous.
 

 
 
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Mise à jour : 7 septembre 2026