Stitch : des écrans d’application générés par l’IA de Google

Stitch : des écrans d’application générés par l’IA de Google

Stitch permet de générer des écrans d’application ou de site à partir d’une description écrite. L’outil de Google Labs produit la maquette, la navigation et un système de design, puis exporte vers Figma ou vers du code. Il s’adresse aux designers, aux développeurs et à toute personne qui doit montrer une interface avant de la construire.
 
 

Découvrir Stitch

Google a lancé Stitch en 2025 au sein de Google Labs, et le service porte toujours un badge BETA. Vous décrivez votre projet en langage courant, l’outil dessine les écrans. Trois modes cohabitent, chacun avec son modèle annoncé en clair : Gemini 3 Flash par défaut, Thinking with 3.1 Pro pour les cas qui demandent du raisonnement, et Redesign propulsé par Nano Banana Pro pour repartir d’une capture d’écran existante.
La plateforme s’utilise dans le navigateur, sur un canvas où les écrans s’alignent côte à côte. Une bascule Appli ou Web oriente la génération vers du mobile natif ou du responsive. L’interface s’affiche en français, mais l’outil reste bilingue de façon désordonnée : le journal de l’agent, les suggestions d’exemples et les noms des modes restent en anglais.
 
 

Prise en main

L’accès passe par un simple compte Google, sans carte bancaire ni formulaire. L’écran d’accueil tient en une zone de saisie et deux boutons. Pour notre test, nous avons décrit un tableau de bord de suivi éditorial destiné à une blogueuse gérant trois sites, avec quatre écrans détaillés, des chiffres précis et des statuts nommés. Aucune question de cadrage n’est posée avant de lancer.
 

 
Le clic sur la flèche d’envoi ouvre le projet. Stitch reformule d’abord la demande en français, annonce les quatre écrans qu’il va produire, puis les construit un par un sous vos yeux. Trois minutes plus tard, tout est là : les quatre écrans demandés, plus un logo et une planche de style que personne n’avait réclamés. Les chiffres du brief sont repris à l’identique, jusqu’à la pagination « Affichage 1-4 sur 240 ».
 

 
 

Fonctionnalités clés

Génération multi-écrans en un seul prompt

Un envoi produit jusqu’à cinq écrans reliés entre eux, avec une navigation commune. Notre tableau de bord est sorti complet : quatre indicateurs chiffrés, une courbe de tendance, une barre de recherche, deux filtres, et un tableau à six colonnes dont les quatre statuts annoncés dans le brief. L’outil a même ajouté ce qui manquait sans qu’on le demande, comme les variations mensuelles sous chaque indicateur. Les écrans font 1280 pixels de large et se déclinent en Mobile, Tablet ou Desktop depuis le menu Aperçu.
 

 

Système de design et logo générés d’office

Avant même de dessiner les écrans, Stitch produit une planche de style : palette nommée, échelle typographique, composants de base. Un logo apparaît également sur le canvas, sans demande explicite. Cette cohérence se retrouve ensuite d’un écran à l’autre, ce qui évite l’effet patchwork courant sur ce type d’outil. La plateforme accepte aussi l’import de vos propres jetons de design, mais les designers rapportent qu’elle les respecte mal et réinvente volontiers ses propres couleurs.
 

 

Trois modes et des modèles annoncés en clair

Le sélecteur affiche le modèle derrière chaque mode, ce qui reste rare. Gemini 3 Flash vise la vitesse et l’export vers des agents de codage. Thinking with 3.1 Pro privilégie le raisonnement sur la rapidité, utile pour les écrans denses. Redesign s’appuie sur Nano Banana Pro et part d’une capture d’écran d’une application existante pour la repenser. Le mode se change à chaque prompt, sans quitter le projet.
 

 

Six destinations d’export

Le panneau Exporter propose AI Studio, Figma, MCP, Netlify, Lovable et Bolt. Vous récupérez donc votre travail sous forme de fichier Figma éditable, de projet compilable, ou vous l’envoyez directement vers un outil de développement. Un avertissement honnête précède l’export vers AI Studio, où le contenu passe sous d’autres conditions d’utilisation. Cette ouverture tranche avec les constructeurs de sites IA qui gardent votre production sur leur plateforme.
 

 
 

Cas d’usage

Designers UI : produire en trois minutes cinq variantes d’un parcours pour lancer une discussion d’équipe, plutôt que d’ouvrir Figma sur une page blanche. L’export Figma permet ensuite de reprendre la main sur la version retenue.
 
Développeurs sans designer : obtenir une maquette crédible avant de coder, avec un système de design cohérent. Le passage direct vers Bolt ou Lovable évite l’étape de transcription.
 
Indépendants et petites structures : illustrer une idée d’application pour un client ou un financeur, sans budget design ni compétence graphique.
 
Formateurs et étudiants : montrer en direct comment une intention se transforme en interface, la gratuité complète rendant l’exercice reproductible en salle.
 
 

Tarifs

Le service est entièrement gratuit pendant sa phase Google Labs, sans plan payant ni bandeau d’abonnement. Ensuite, les quotas mensuels annoncés par les sources tierces s’établissent autour de 350 générations standard et 200 en mode Pro, mais aucun compteur n’apparaît dans l’interface. Enfin, Google n’a communiqué aucune grille tarifaire future : la gratuité actuelle n’engage à rien.
 
 

Analyse des points forts et limites

Points forts

  • Rapidité réelle : trois minutes entre le brief et quatre écrans complets, logo et planche de style compris, chronométrées lors de notre test.
  • Fidélité au brief : chaque chiffre, chaque statut, chaque libellé demandé se retrouve dans le résultat, en français correct.
  • Export ouvert : six destinations dont Figma et MCP, là où la plupart des générateurs enferment votre travail chez eux.
  • Modèles transparents : chaque mode indique le modèle Gemini qui l’alimente, et le changement se fait à la volée.
  • Sérieux sur le consentement : la case de collecte marketing arrive décochée, avec sa fréquence d’envoi annoncée.

 

Limites

  • Rien ne s’édite à la main : impossible de changer une couleur ou un espacement directement. Chaque correction repasse par un prompt, donc par une génération. C’est la limite structurelle de l’outil.
  • Le prototype est décoratif : annoncé comme interactif, il laisse la sous-navigation inerte. Les onglets sont dessinés, aucun n’est câblé.
  • Systèmes de design mal respectés : les designers rapportent que Stitch invente ses propres couleurs plutôt que d’appliquer la palette fournie.
  • Bilingue en désordre : le livrable sort en français, mais le journal de l’agent, les exemples et les intitulés de modes restent en anglais.
  • Aucune accessibilité de l’outil lui-même : l’application est un canvas intégral, sans texte ni élément nommé. Elle reste inutilisable au lecteur d’écran, ce qui interroge pour un produit dédié au design d’interfaces.

 

 
 

Notre recommandation

Stitch est la meilleure façon actuelle de passer d’une phrase à un écran présentable, et il est gratuit. Il convient à qui veut explorer vite, montrer une direction, ou éviter la page blanche avant d’ouvrir Figma. Il ne convient pas à qui doit livrer une interface conforme à une charte existante : l’absence d’édition manuelle et le peu de respect des systèmes de design en font un outil d’exploration, pas de production. Face à Figma Make, la différence tient à la gratuité et à la vitesse ; face aux constructeurs de sites, à la liberté d’export. Traitez le résultat comme un point de départ sérieux, jamais comme un livrable final.
 
 

Questions fréquentes sur Stitch

Stitch est-il vraiment gratuit ?

Oui, sans plan payant ni carte bancaire, pendant sa phase Google Labs. Les quotas mensuels existent mais ne s’affichent nulle part dans l’interface. Google n’a annoncé aucune grille future, la gratuité peut donc changer.
 

Stitch fonctionne-t-il en français ?

L’interface et les écrans produits, oui, avec des micro-textes justes et un vocabulaire métier correct. Le journal de l’agent, les suggestions et les noms de modes restent en anglais. Un détail typographique subsiste : les milliers s’affichent parfois avec la virgule anglo-saxonne.
 

Peut-on récupérer le code de ses écrans ?

Oui, et c’est un vrai point fort. Six destinations sont proposées : AI Studio, Figma, MCP, Netlify, Lovable et Bolt. L’intégration dans une base de code existante demande toutefois du travail d’ingénierie, le code sorti n’étant pas directement branchable.
 

Stitch respecte-t-il le RGPD dans les écrans qu’il dessine ?

Sur le consentement, oui. Notre test lui a demandé une case pour recevoir des offres par email sans autre précision : il l’a dessinée décochée, en annonçant la fréquence d’envoi, et a réservé la case pré-cochée à la notification de service. En revanche, il n’ajoute spontanément aucun lien vers une politique de confidentialité, ni aucune mention de durée de conservation.
 

 

Stitch ou Figma : lequel choisir ?

Les deux ne jouent pas au même moment du projet. Stitch génère une première intention en trois minutes, gratuitement, sans savoir dessiner. Figma reste l’endroit où l’on affine, où l’on applique une charte et où l’on travaille à plusieurs. Le trajet le plus efficace consiste à démarrer dans Stitch, puis à exporter vers Figma dès que la direction est arrêtée.
 
Pour aller plus loin : retrouvez Stitch dans notre Top 10 des outils IA pour graphistes et designers.
 
Mise à jour : 3 septembre 2026