Vera : vérifier une information par téléphone ou WhatsApp

Vera : vérifier une information par téléphone ou WhatsApp

Vera permet de vérifier une information en posant une simple question par téléphone, sur WhatsApp ou sur Instagram. L’assistant répond en français à partir d’articles de fact-checking et de médias reconnus, et il cite ses sources avec leurs liens. Ce service gratuit s’adresse à toute personne qui doute d’une rumeur, d’un chiffre ou d’un message transféré sur les réseaux sociaux.
 
 

Découvrir Vera

LaReponse.tech, une association parisienne, développe Vera autour de son cofondateur Florian Gauthier et d’une équipe en grande partie bénévole. L’outil portait le nom d’AlloDebunk à ses débuts, et l’association l’a lancé officiellement le 20 novembre 2024. Un prix de 5 000 € remporté lors d’un hackathon des ONG ThinkYoung et A Voté a financé les premiers pas. Le site détaille quatre subventions : 85 000 € de Canal France International, 45 000 € de l’Organisation internationale de la Francophonie, 20 000 € du ministère de la Culture et 10 000 € de la Fondation Sept Ans.
Le moteur repose sur GPT-4, le modèle d’OpenAI cité dans les conditions d’utilisation. À chaque question, Vera consulte sa base de sources en temps réel, puis rédige une synthèse courte avec les liens des articles retenus. Un comité d’experts choisit ces sources, et leur liste complète reste consultable depuis le site. L’équipe estime l’empreinte d’une vérification à 1,8 g de CO₂ environ.
L’association a déployé Vera en Côte d’Ivoire et en Guinée pour les élections présidentielles de fin 2025, avec l’organisation de vérification Africa Check. Le service a reçu un prix « Coup de cœur » aux Product Awards 2025, que Bpifrance coorganise.
 
 

Prise en main

Vera ne demande ni application ni compte. Vous enregistrez le 09 74 99 12 95 dans vos contacts, puis vous écrivez votre question dans WhatsApp comme à un proche. La même ligne répond aux appels : vous posez la question à voix haute et Vera vous répond oralement. Cet accès fonctionne depuis n’importe quel téléphone, même sans connexion internet.
La réponse arrive en quelques secondes. Elle donne un verdict clair, résume ce que disent les vérificateurs et ajoute les liens vers leurs articles sur WhatsApp. Quand aucune source fiable ne traite le sujet, l’assistant le dit au lieu d’inventer une réponse. Les conditions d’utilisation demandent une autorisation parentale aux moins de 15 ans.
 
 

Fonctionnalités clés

Vérification d’une information par message WhatsApp

Sur WhatsApp, vous tapez une affirmation ou vous collez le texte d’un message reçu. Vera cherche d’abord les articles de fact-checking qui traitent le sujet, puis elle privilégie les plus récents. Sa réponse tient en quelques lignes et renvoie vers les articles d’origine, ce qui vous permet de vérifier la vérification. Le service reste silencieux tant que vous ne lui écrivez pas : il n’envoie ni notification ni relance. Clubic signale un compte Instagram, où vous pouvez écrire à Vera en message privé.
 

Appel téléphonique vocal, sans internet

L’appel au 09 74 99 12 95 donne accès à une version vocale de l’assistant. Vous parlez naturellement, et Vera vous lit sa réponse, sans les liens que seul l’écrit peut afficher. Ce canal sert les personnes âgées, les téléphones sans forfait de données et les zones mal couvertes. La politique de confidentialité cite Deepgram, un service qui convertit la voix en texte. Le site officiel ne précise pas si Vera accepte les notes vocales sur WhatsApp, alors que le blog Outilstice l’affirme.
 

Une base de sources de fact-checking sélectionnée

Vera s’appuie sur des vérificateurs qui ont signé la charte de l’IFCN, le réseau mondial du fact-checking, ou celle de son équivalent européen, l’EFCSN. Parmi eux figurent AFP Factuel, Snopes, Science Feedback, Conspiracy Watch et Africa Check. Des médias évalués par la Journalism Trust Initiative complètent la base. Les chiffres varient d’une page à l’autre : la FAQ du site parle de plus de 300 sources dans une réponse et de plus de 400 dans une autre. Une autre section annonce 150 sites de fact-checking et 350 médias, alors que Clubic relève 450 sources labellisées et environ 250 médias.
 

Garde-fous contre les inventions de l’IA

Vera répond uniquement à partir de faits déjà vérifiés par ses sources. Face à une rumeur trop récente ou jamais traitée, elle indique qu’elle n’a trouvé aucune source fiable. Ce choix limite les erreurs, mais il laisse sans réponse les intox qui viennent d’apparaître. L’outil ne sait pas analyser une photo, une vidéo ou un deepfake, comme son cofondateur l’a précisé à France 24 en mars 2026. Les conditions d’utilisation reconnaissent que les réponses peuvent être erronées ou imprécises.
 
 

Cas d’usage

Citoyen face à un message transféré : il reçoit une rumeur dans un groupe familial et la colle dans WhatsApp. Il obtient en quelques secondes l’avis des vérificateurs, avec un lien à partager dans la conversation.
 
Enseignant en éducation aux médias : il fait appeler Vera en classe sur une affirmation lue sur TikTok. Les élèves comparent ensuite la réponse aux articles cités pour comprendre le travail d’un fact-checkeur.
 
Proche peu à l’aise avec le numérique : il compose le numéro depuis un téléphone fixe ou un mobile simple. Il pose sa question à voix haute, sans application ni connexion internet.
 
Journaliste ou modérateur de communauté : il vérifie rapidement si une affirmation a déjà fait l’objet d’un fact-check. Il part alors des articles cités pour approfondir le sujet.
 
 

Tarifs

Vera est gratuite, sans compte ni abonnement, et l’association ne propose aucune offre payante. Ensuite, les messages WhatsApp ne coûtent rien, où que vous soyez dans le monde. Enfin, l’appel au 09 74 99 12 95 suit le prix d’un appel local en France, souvent inclus dans les forfaits, et le tarif international de votre opérateur depuis l’étranger.
 
 

Analyse des points forts et limites

Points forts

  • Accès sans barrière : un numéro suffit, sans application, sans compte et même sans internet pour l’appel.
  • Sources citées : chaque réponse écrite renvoie vers les articles des vérificateurs, que vous pouvez lire vous-même.
  • Refus d’inventer : l’assistant préfère dire qu’il n’a rien trouvé plutôt que de combler le vide.
  • Association transparente : le site publie ses financements, son équipe, sa liste de sources et son estimation carbone.
  • Usage réel : Le Ticket comptait 100 000 questions en quatre mois, Clubic 400 000 la première année, et France 24 plus de 500 000 en mars 2026.

 

Limites

  • Couverture limitée : une rumeur que personne n’a encore vérifiée reste sans réponse.
  • Aucune analyse d’image : photos, vidéos et deepfakes échappent à l’outil.
  • Erreurs possibles : en décembre 2024, un test du média Vert a relevé une erreur d’interprétation sur la vaccination des nourrissons contre la coqueluche.
  • Chiffres flottants : le nombre de sources change d’une page du site à l’autre, de 300 à plus de 500.
  • Données conservées : la politique de confidentialité prévoit de garder les messages 24 mois, alors que l’équipe présente souvent le service comme anonyme.

 
 

Notre recommandation

Vera mérite une place dans les contacts de toute personne qui reçoit des rumeurs par messagerie. Le service répond vite, gratuitement, et il montre ses sources au lieu de demander une confiance aveugle. Il convient aussi aux enseignants et aux proches éloignés du numérique, grâce à l’appel vocal sans internet. Pour une intox toute neuve, une image truquée ou une recherche approfondie, il ne suffit pas : lisez alors les articles des vérificateurs ou utilisez un moteur de recherche IA qui cite ses sources.
 
 

Questions fréquentes sur Vera

Vera est-elle gratuite ?

Oui, le service ne demande ni compte ni paiement. Sur WhatsApp, l’usage reste gratuit dans le monde entier. Au téléphone, le 09 74 99 12 95 coûte le prix d’un appel local depuis la France.
 

Comment contacter Vera ?

Enregistrez le 09 74 99 12 95 dans vos contacts, puis écrivez-lui sur WhatsApp ou appelez ce numéro. Les conditions d’utilisation citent Instagram comme troisième canal. Vous n’avez aucune application à télécharger.
 

Vera peut-elle se tromper ?

Oui, et le site le reconnaît dans sa FAQ comme dans ses conditions d’utilisation. L’IA peut mal lire une source, comme l’a montré le test de Vert sur la coqueluche. Ouvrez donc les liens proposés avant de partager une conclusion importante.
 

Peut-on envoyer une photo ou une vidéo à Vera ?

L’outil ne sait pas analyser une image, une vidéo ou un deepfake à ce jour. Décrivez plutôt l’affirmation en texte, par exemple le propos attribué à une personnalité. Pour les contenus truqués, un outil de détection spécialisé reste nécessaire.
 

Que deviennent mes messages envoyés à Vera ?

La politique de confidentialité indique que LaReponse.tech garde votre indicatif international, un identifiant chiffré et vos messages pendant 24 mois. OpenAI conserve les données 30 jours, et d’autres prestataires interviennent, dont Twilio, Deepgram et Google Cloud. Certaines données peuvent partir vers les États-Unis, sous le cadre prévu par le RGPD.
 

Quelle différence entre Vera et ChatGPT ?

ChatGPT répond à tout, à partir de son entraînement et du web, sans limiter ses sources. Vera se consacre au fact-checking et s’appuie sur une liste fermée de vérificateurs et de médias. Pour une recherche plus large avec sources citées, Perplexity reste plus polyvalent, mais il ne filtre pas ses sources de la même façon.
 

Quel lien entre Vera et le projet européen vera.ai ?

Aucun lien n’existe entre les deux. Le nom vera.ai désigne un programme de recherche européen financé par Horizon Europe, qui développe des outils de détection pour les professionnels. Le service de LaReponse.tech répond au grand public, par téléphone et par messagerie.
 
 
Pour aller plus loin : retrouvez Vera parmi nos outils IA pour les journalistes, et apprenez à comprendre et détecter les deepfakes.
Mise à jour : 1er octobre 2026

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