ChatGPT Work : confier vos tâches à l’agent d’OpenAI
Vous avez un rapport à boucler, un tableau à remplir ou une présentation à monter ? ChatGPT Work s’en charge à votre place. Cet agent cherche l’information, ouvre un navigateur, remplit vos fichiers et vous rend un travail fini. Ce guide vous apprend à lui confier une tâche, à la suivre sans y passer votre journée et à en tirer des livrables que vous pouvez envoyer tels quels.
Le guide précédent vous a montré comment brancher ChatGPT sur vos outils : Gmail, Drive, Slack et les autres. Work est l’endroit où ces branchements prennent tout leur sens. L’agent puise dans vos applications, croise les informations et produit le document dont vous avez besoin. Il est disponible en France à partir du forfait Plus, et sur l’application de bureau avec un usage réduit pour les comptes Free et Go. Le premier guide de la série détaille les forfaits et les modèles. Ici, on se concentre sur l’usage.
Déléguer un travail au lieu de poser une question
Prenons une demande courante : préparer un comparatif de quatre prestataires pour une réunion de jeudi. Dans le chat, vous obtenez des conseils sur la façon de faire le comparatif, ou un tableau rempli de mémoire, à vérifier ligne par ligne. Il vous reste ensuite à ouvrir les sites, relever les prix et mettre le tout en forme.
Dans Work, vous décrivez le résultat attendu et vous passez à autre chose. L’agent visite les quatre sites, relève les tarifs et les conditions, puis construit le fichier Excel avec une colonne de sources. Quand il bute sur une page qui demande un identifiant, il vous prévient. Vous revenez une heure plus tard, et le tableau vous attend.
Work is an agent designed for longer, multi-step work and finished deliverables
OpenAI — Centre d’aide, ChatGPT Work and Codex
La règle d’usage découle de cette différence. Gardez le chat pour comprendre, réfléchir ou rédiger un premier jet. Passez par Work dès que la tâche demande plusieurs sources, plusieurs étapes ou un fichier final. Work a d’ailleurs remplacé l’ancien mode agent de ChatGPT : si un tutoriel en parle encore, ses conseils s’appliquent désormais ici.
Bien formuler une tâche pour Work
Une bonne consigne ressemble à un brief confié à un collègue. Elle répond à quatre questions : quel résultat, pour qui, à partir de quelles sources, et quand considérer le travail terminé. Ce dernier point compte plus qu’il n’y paraît. Sans critère de fin, l’agent peut s’arrêter trop tôt ou multiplier les recherches.
# Consigne faible Fais-moi un point sur nos clients. # Consigne efficace À partir de mes e-mails des trente derniers jours et du dossier « Clients 2026 » de mon Drive, prépare un tableau des clients actifs : dernier échange, sujet en cours, prochaine action. Classe-les par urgence. Termine quand chaque client a une prochaine action datée.
Pour les tâches importantes, passez d’abord par le mode Plan. Work rassemble alors le contexte, vous pose ses questions et propose un plan avant de démarrer. Vous corrigez ce plan si une étape manque ou si une source est mal choisie. Dans l’application de bureau, la commande /plan lance ce mode, et /goal fixe l’objectif qui servira de point d’arrivée.
Dites aussi à Work ce qu’il doit faire quand une information manque. Une phrase suffit, comme « demande-moi avant d’inventer une donnée ». Le guide du prompt de la série rassemble d’autres conseils de formulation pour les modèles GPT-6.
Suivre le travail sans le surveiller
Une fois lancée, la tâche avance seule. Au-dessus du champ de saisie, une barre de progression montre où en est l’agent. Elle permet de mettre en pause, de reprendre ou de modifier l’objectif. Vous pouvez aussi glisser une consigne en cours de route, par exemple « ajoute un cinquième concurrent ». Pour poser une question sans interrompre le travail, ouvrez une discussion annexe.
Work vous sollicite à deux moments. Il vous demande votre accord avant toute action à conséquence, comme un envoi, une réservation ou un paiement. L’agent vous prévient aussi quand il attend une décision ou une connexion. Une notification apparaît alors sur votre téléphone ou votre ordinateur.
Les tâches lancées dans le cloud se synchronisent entre vos appareils. Vous pouvez démarrer un travail sur votre ordinateur le matin, valider une étape depuis votre téléphone à midi et récupérer le fichier le soir. Une tâche lancée en local, en revanche, reste sur l’ordinateur qui l’exécute.
Donner du contexte à Work
Travailler dans un Project
Lancée dans un Project, une tâche profite de ses fichiers et de ses instructions. C’est la meilleure façon de traiter un client, un dossier ou un chantier récurrent : la charte graphique, les tarifs et les comptes rendus précédents sont déjà là. Vous n’avez plus à les rappeler à chaque tâche. Une exception surprend souvent : Work ne fonctionne pas dans un Project réglé en mémoire « projet uniquement ».
Brancher vos applications
Work devient vraiment utile quand il accède à vos outils. Avec Gmail, Google Drive, Slack, SharePoint ou un CRM connectés, il croise les informations dans une même tâche. Il peut par exemple relire les échanges avec un client, retrouver le devis dans Drive et vérifier le dernier message Slack de l’équipe. Les entreprises disposent aussi du plugin Data, appelé avec @Data, qui interroge leurs bases de données et produit des tableaux de bord.
Lui confier vos fichiers
Sur l’application de bureau, Work peut lire et modifier les fichiers des dossiers que vous lui ouvrez. Donnez-lui seulement ceux dont la tâche a besoin. Sur le web et sur mobile, il n’a pas accès à votre ordinateur : joignez les fichiers à la conversation ou passez par vos dossiers en ligne.
Quand Work navigue sur le web à votre place
Dans le cloud, Work dispose de son propre navigateur, installé sur un ordinateur distant. Il lit des pages, clique, remplit des formulaires et passe d’un site à l’autre. Le travail continue même si vous éteignez votre ordinateur. C’est ce navigateur qui permet de relever des prix, de comparer des offres ou de suivre une démarche en ligne.
Sur Plus et Pro, ce navigateur se connecte aussi aux sites qui demandent un identifiant. Au moment de la connexion, ChatGPT vous passe la main dans un formulaire sécurisé, double authentification comprise. L’agent ne voit jamais votre mot de passe. Les sessions restent ensuite ouvertes jusqu’à leur expiration. Pour les fermer, ouvrez Réglages, puis Navigateur cloud et Données du navigateur.
The username and password entered there are not visible to the model
OpenAI — Centre d’aide, Using cloud browser in ChatGPT
Sur votre propre ordinateur, l’application de bureau va plus loin. Elle utilise un navigateur intégré et peut piloter d’autres logiciels, ce qu’OpenAI appelle Computer Use. Sur Mac, ce pilotage fonctionne en arrière-plan, alors que sous Windows le logiciel piloté doit rester au premier plan. L’extension de navigateur pour Chrome, Edge, Brave, Opera et Vivaldi donne en plus accès à vos onglets ouverts.
Produire des fichiers prêts à envoyer
Work crée et modifie des documents Word, des tableurs Excel et des présentations PowerPoint. Si Google Workspace est connecté, il travaille aussi dans Google Docs, Sheets et Slides. Le fichier arrive mis en forme, avec ses titres, ses tableaux et ses graphiques.
Pour que tout ressemble à vos documents habituels, créez des modèles. La commande @Template-Creator transforme un fichier existant, par exemple votre devis type ou votre présentation d’agence, en modèle réutilisable. Vous l’appelez ensuite avec @Documents, @Spreadsheets ou @Presentations dans n’importe quelle tâche. Attention, les modèles créés sur le web et ceux de l’application de bureau ne se synchronisent pas entre eux. Le guide des fichiers et de l’analyse de données détaille ce que ChatGPT sait produire.
Publier le résultat dans un Site
Certains résultats se consultent mieux en ligne qu’en pièce jointe. Work fabrique pour cela des Sites : un tableau de bord de projet, une page de suivi des commandes ou un petit portail pour un client. Il suffit d’écrire « website » dans la demande ou d’appeler @Sites. Le Site est publié à une adresse web, avec un partage restreint par défaut. Vous pouvez ensuite le modifier depuis la page publiée avec le bouton « Edit site », sur Plus et Pro. Les forfaits Free et Go n’ont pas accès aux Sites. Au lancement, OpenAI excluait aussi l’Espace économique européen, la Suisse et le Royaume-Uni, et sa page d’aide ne précise pas si cette restriction est levée.
Laisser Work démarrer seul
Une tâche qui revient chaque semaine n’a pas besoin d’être relancée à la main. Work peut la programmer à heure fixe, ou surveiller un changement et vous prévenir. Il peut aussi démarrer seul quand un e-mail arrive dans Gmail, qu’un message tombe dans un canal Slack ou qu’une pull request bouge sur GitHub. Certains plugins déclenchent également une tâche quand leur application change.
Ces déclencheurs se créent sur le web ou sur mobile. Testez toujours la consigne une fois à la main avant de la programmer : vous corrigerez ses défauts avant qu’ils se répètent chaque semaine. Le guide des tâches planifiées présente les quotas et les précautions à prendre.
Dans Work, le mode vocal fonctionne aussi sur ordinateur, sur le web et sur mobile. Vous pouvez dicter une tâche en marchant, puis la retrouver en texte une fois l’appel terminé. Les validations, elles, se font toujours à l’écran. Le guide du mode vocal en dit plus.
Les Dots : un agent qui avance entre deux conversations
Une tâche Work se termine quand le livrable est prêt. Un dot, lui, reste actif. OpenAI présente ces agents, déployés depuis le 29 septembre 2026, comme des assistants permanents : vous leur donnez un objectif et du contexte, et ils continuent d’avancer pendant que vous faites autre chose. Chaque dot dispose de son propre ordinateur dans le cloud, utilise vos applications connectées et garde le fil grâce à la mémoire. Il s’appuie sur GPT-6 Astra, le modèle le plus puissant d’OpenAI.
Ce qu’un dot sait faire
Un dot mène des recherches en arrière-plan, propose des pistes et traite des problèmes en plusieurs étapes. Il vous rapporte ses résultats et vous consulte quand une décision vous revient. Le dot peut aussi programmer des rappels ou des vérifications régulières, comme une revue quotidienne de votre agenda. Si vous lui ouvrez votre ordinateur, il crée des tâches Work ou Codex et utilise votre navigateur quand le sien est bloqué. OpenAI cite trois exemples : tenir une présentation à jour au fil des retours clients, transformer la transcription d’un entretien en notes et en posts, ou préparer une évolution d’application jusqu’aux tests.
Créer et piloter votre dot
La création se fait dans l’application mobile, l’application de bureau ou sur le web depuis un ordinateur. Vous lui donnez un nom, qui devient son identifiant, et une apparence : un personnage ou un petit animal. Chaque demande ouvre sa propre conversation. Dans le profil du dot, vos tâches se rangent ensuite en trois colonnes : en cours, programmées et terminées. Le bouton « Take over » vous donne la main sur son ordinateur cloud, et « Return control » la lui rend. Vous pouvez aussi l’appeler depuis sa conversation, ou le relier à Slack.
Fixer ce qu’il a le droit de faire
Les règles personnalisées décident de ce que le dot peut partager, acheter ou consulter. Chaque règle choisit un comportement parmi quatre : agir sans demander, agir si l’action a été demandée dans la consigne, demander avant d’agir, ou vous passer la main. Demander un brouillon ne l’autorise pas à l’envoyer. L’accès à votre ordinateur reste coupé tant que vous ne l’activez pas, et vous pouvez le retirer à tout moment. Le menu du profil permet aussi de mettre le dot en pause. Attention, l’option « Reset » le supprime avec ses conversations, ses mémoires et ses tâches programmées.
Qui peut l’utiliser en France
Le premier dot est inclus dans les forfaits Pro et Business Premium, sans surcoût. Au lancement, les abonnés Pro de l’Espace économique européen, de Suisse et du Royaume-Uni en sont toutefois exclus. Depuis la France, il faut donc un espace Business Premium, où les Dots sont disponibles dans toutes les régions prises en charge. Sur Enterprise, ils restent en bêta et l’administrateur doit les activer. Comme le rappelle OpenAI, un dot peut se tromper : relisez son travail avant de vous en servir.
Garder un œil sur la consommation
Une tâche Work consomme bien plus qu’un message dans le chat. L’agent lit, navigue, recommence parfois, et chaque étape entame votre enveloppe. Sur le forum d’OpenAI, plusieurs abonnés Plus racontent avoir vidé leur quota en une seule tâche, par exemple en faisant lire un mois d’e-mails. Trois habitudes limitent la casse. Commencez par des tâches courtes, choisissez un modèle plus léger quand le travail est simple, et surveillez le compteur dans Réglages, rubrique Usage. Le guide de l’écosystème donne les limites de chaque forfait.
Sept tâches à déléguer dès cette semaine
Ces consignes sont prêtes à copier. Remplacez les noms de dossiers, de fichiers et de sites par les vôtres.
Le brief du lundi matin
# Tâche — Brief de la semaine
À partir de mon agenda, de mes e-mails des sept derniers jours
et des documents du dossier « Clients » de mon Drive, prépare
un brief d'une page : priorités, risques, décisions à prendre,
relances à faire. Termine quand le brief est prêt à envoyer.
Programmée chaque lundi à 8 h, cette tâche remplace le quart d’heure passé à rouvrir sa boîte mail pour savoir où on en est.
La veille concurrentielle en tableau
# Tâche — Comparatif concurrents
Compare les offres de ces quatre concurrents : [liens].
Pour chacun, relève le prix, les options, les délais et les
conditions d'annulation. Livre un fichier Excel avec une
colonne Source par ligne, puis signale les écarts notables.
La colonne Source vous permet de vérifier chaque chiffre en un clic avant de vous en servir.
Des notes de réunion à la présentation
# Tâche — Présentation à partir de notes
Transforme mes notes de réunion ci-jointes en présentation
de dix diapositives avec le modèle @Presentations « Agence ».
Une idée par diapositive, un graphique si les chiffres
le justifient. Demande-moi avant d'inventer une donnée.
Grâce à la dernière phrase, l’agent ne comble pas un trou avec un chiffre inventé.
La synthèse d’un questionnaire
# Tâche — Retours clients
Analyse les réponses du Google Sheets « Avis clients ».
Dégage les cinq thèmes principaux, cite deux réponses
représentatives par thème, liste les questions restées
ouvertes, puis rédige un court point d'équipe.
Une démarche en ligne
# Tâche — Recherche de disponibilités
Trouve trois salles de réunion pour 12 personnes à Nantes,
le 14 novembre, entre 9 h et 17 h, budget maximum 400 € HT.
Relève tarif, équipement et conditions d'annulation.
Ne réserve rien : présente-moi les trois options.
Précisez toujours ce que l’agent ne doit pas faire seul, ici la réservation.
Un tableau de suivi publié
# Tâche — Site de suivi
Crée un Site de suivi du projet « Refonte du site » à partir
du tableur joint : tâches, responsables, échéances, retards
en rouge. Partage restreint. Termine quand le lien fonctionne.
Les relances clients
# Tâche — Relances
Repère dans mes e-mails les devis envoyés depuis plus de
quinze jours sans réponse. Pour chacun, rédige un brouillon
de relance court et personnalisé dans Gmail.
N'envoie rien : laisse les brouillons pour relecture.
Les brouillons restent dans votre boîte : vous relisez, ajustez et envoyez vous-même.
Ce qui peut coincer
Des sites qui refusent les agents
Certains sites bloquent les agents automatisés, et Work n’y peut rien. Le navigateur cloud ne termine pas non plus toutes les démarches. Il vous demande alors de prendre la main, par exemple pour passer un contrôle anti-robot. Fin août, le testeur de MacStories jugeait encore la connexion aux sites trop laborieuse.
Des instructions cachées dans une page ou un e-mail
Une page web ou un e-mail peut contenir des instructions destinées à détourner l’agent : c’est l’injection de prompt. OpenAI teste ce risque et fait vérifier les actions importantes par des modèles de contrôle, sans pouvoir l’éliminer complètement. Ne donnez à Work que les accès utiles, ne collez jamais un mot de passe dans la conversation et lisez chaque demande d’approbation avant de cliquer.
Des pannes et des tâches qui s’arrêtent
Work reste un service jeune. Pour un travail urgent, gardez une marge et vérifiez l’avancement en cours de route.
Votre première semaine avec Work
Choisissez une tâche qui vous prend une heure chaque semaine et dont le résultat se vérifie facilement, comme le brief du lundi ou un comparatif. Lancez-la en mode Plan, corrigez le plan, puis comparez le livrable avec ce que vous auriez fait seul. Si le résultat tient la route, créez votre modèle de document et programmez la tâche. La semaine suivante, ajoutez-en une deuxième.
Ce volet présente Codex sur ordinateur et dans le cloud, Codex CLI, les modèles GPT-6 et les tarifs de l’API.